Restitution de l’atelier sur l’habitat du samedi 11/04 « Locataires et propriétaires, tous habitants! »

L’atelier du soir s’est concentré sur les enjeux transversaux liés à l’habitat. Il a été rythmé par des temps audio produits par Nizar de la Voix des Gens. Il est allé à la rencontre d’habitants pour recueillir leur parole et mettre en lumière les enjeux liés à l’habitat.

Ce compte-rendu n’est pas figé! N’hésitez pas à réagir et commenter: toutes les remarques, idées et propositions seront prises en compte, au même titre que les paroles collectées lors des ateliers.

Nombre de participants: 30

Rappel: le cahier des prescriptions habitantes qui sera produit à l’issue de la semaine de la co-construction reprendra la synthèse de la concertation faite entre janvier et juin 2014.

Élément de cadrage: à la Villeneuve il y a un large panorama de situations: des montées pauvres, des montées composées que de copropriétaires, et des montées mixtes locataires / propriétaires aux proportions variables

Débat sur la participation des locataires:

  • Constat et problématique soulevée:
    • Les locataires ne sont pas associés aux décisions prises par la copropriété concernant leur immeuble. Il existe donc un problème de représentativité des locataires, notamment pour les locataires bailleurs.
    • La loi de 1965 modifiée sur les copropriétés ne prévoit pas de représentations des locataires avec des droits de vote. Pour rappel, plus de 50% des propriétaires sont des bailleurs. Le bailleur est donc censé représenter son locataire.
    • Attention: la proportion 70% de propriétaires / 30% de locataires est remise en question par les habitants car il y a beaucoup de propriétaires qui louent leurs biens et peu de propriétaires occupants. Ce qui implique que les locataires ne sont pas représentés dans les assemblées de copropriété.
    • Il y a donc un fort enjeu à ce que l’on entende leur parole (il y a une différence entre voix et vote) et à inventer pour trouver des moyens de faire entendre la voix des locataires (et notamment impliquer les locataires vivant dans le quartier depuis des années)
  • Propositions:
    • Créer une association d’habitants qui inclurait de droit les habitants (locataires et propriétaires) pour mobiliser tous les habitants concernés (notamment les locataires du parc privé): les locataires sont autant concernés par les décisions de copropriété que les propriétaires. Elle pourra obtenir des informations et donner un avis qui serait transmis à l’assemblée des copropriétaires. Les habitants pourraient aussi se réunir sur différents sujets, pas uniquement sur les décisions de copropriété.
      • Retours d’expérience:
        • dans une copropriété mixte, des locataires participent au conseil syndical (un représentant par montée). Cette position est difficile car les habitants n’ont pas accès aux éléments financiers.
        • dans la copropriété “Le parc”, une structure existe où les locataires sont invités et où l’on discute de différents sujets.
      • Remarque/précision: le conseil syndical n’est pas le lieu des décisions, c’est l’assemblée des copropriétaires
    • Repérer les familles qui restent sur le quartier pour les amener à participer.
    • Les habitants se posent également la question des attributions dans les logements privés, et souhaitent avoir plus de transparence sur ce point.

Débat sur la mixité locataires / propriétaires, ses avantages et inconvénients:

  • Rappels
    • Il existe 2 cas de figures de mixité d’occupation des logements:
      • des copropriétaires privés et des locataires représentés par les bailleurs (comme au 100)
      • des copropriétaires privés et des locataires non représentés car leurs propriétaires sont des privés
    • Rappel historique: La mixité qui était une idée de départ est belle, comme par exemple l’association de locataires / propriétaires de la Crique Sud
  • Les avantages mis en avant de la mixité locataires/propriétaires:
    • La mixité propriétaires / locataires permet de faire plus de contrôle sur les charges par rapport à des immeubles seulement locatifs.
  • Les difficultés rencontrées en cas de mixité locataires / propriétaires mises en avant:
    • Sur une même montée, locataires et propriétaires ont des intérêts divergents.
    • Les locataires et propriétaires dans la même montée c’est difficile lors des travaux.

Enjeux pour les locataires :

  • La question de l’accession à la propriété:
    • Les locataires peuvent être intéressés pour acheter mais notent que rien n’est fait pour qu’ils le deviennent. Ils notent également qu’il est anormal que la Société Dauphinoise pour l’Habitat (SDH) vende à certains et pas à d’autres.
    • Demande de plus de clarté sur les critères de choix de la SDH
  • La question de la concentration de la pauvreté
    • Constat /effet pervers: les locataires les plus précaires ne peuvent plus partir de leur logement à cause de la faiblesse de leurs ressources. La concentration de la précarité renforce ce problème.
    • La question de concentrer les pauvres, c’est la question du loyer ! Par exemple, un appartement peut être loué 750€ à Vigny Musset alors que l’équivalent est loué 400€ à Arlequin
  • La question de la réhabilitation:
    • Demande/réclamation des habitants: même si les bailleurs annoncent une réhabilitation à terme, il faut faire continuer l’entretien au quotidien
    • Attention: la réhabilitation, même pour les locataires, signifie une hausse de loyer, variable selon la mobilisation des locataires et la négociation entre les bailleurs et les associations aidant les locataires
  • La question des charges:
    • Le contrôle des charges par les locataires est très difficile. Les bailleurs “ne font pas leur job” en maintenant un flou (manque d’information)
  • Proposition: Créer une agence immobilière pour trouver des locataires pour les collocations (cf Eliane Barat)

Enjeux pour les propriétaires :

  • La question de la dépréciation immobilière et de la revente des logements:
    • Les habitants qui souhaitent vendre ne le peuvent pas. Certains logements partent pour 50 000 €. Lorsqu’on est âgé, on ne peut plus emprunter.
    • Propositions:
      • Préempter les logements pour stopper la baisse des prix de vente des logements. Pourquoi ne pas étendre la préemption du 30 au reste. Il faut partager les objectifs de la préemption avec la ville.
        • Retour d’expérience mitigé sur la préemption: le 40. Si certains habitants citent le 40 comme une référence, un habitant a vécu la préemption “de manière abusive”. Il est devenu locataire car il n’avait pas la possibilité de financer les travaux.
      • Le prix n’est pas le seul problème. Un rachat par la collectivité des logements à la vente permettrait de maîtriser la revente, notamment aux jeunes primo-accédants. Cela éviterait aussi le rachat des logements par les marchands de sommeil. La ville pourrait mettre en place un système qui garantirait que le prix de vente ne soit pas inférieur au prix d’achat.
  • La question de la réhabilitation:
    • Les propriétaires sont angoissés à l’idée des travaux à engagés (les sommes sont importantes) et de ne pas savoir ce qu’ils vont devoir payer.
    • Si on change les fenêtres, quid de ceux qui viennent de le faire ?
    • Si on privatise, où est-ce que ce sera, et qui paie?
    • A noter: pour les habitants les expérimentations en cours ne peuvent pas être les seuls modèles à appliquer sur les copropriétés.

Enjeux communs aux locataires et aux propriétaires:

  • L’information / participation:
    • Il y a un défaut d’égalité d’information. Il faut une information égale quant aux travaux, que l’on soit propriétaire ou locataire.
    • Les locataires et les habitants des logements doivent participer directement, notamment à la réflexion sur les réhabilitations.
    • Il faut que les habitants soient informés /associés à l’évaluation des travaux en cours. Notamment au 40, il y a des simulations de façades que les habitants veulent évaluer.
  • Les charges :
    • Les charges sont très élevées, elles augmentent mais la qualité n’est pas au rendez-vous. Les habitants ne connaissent pas leur détail.
    • Pour information, le budget à l’année du chauffage est de l’ordre de millions d’euros sur tout le quartier
    • Interrogations sur l’incidence des travaux prévus sur les charges:
      • Des ascenseurs supplémentaires sont prévus: est-ce que les charges vont augmenter ?
      • Le coût de changement du mode de collecte (ordures ménagères) doit coûter moins cher: est-ce que cela va faire baisser les charges ?
  • Le vieillissement / adaptation des logements :
    • Constat: beaucoup de personnes âgées partent, et les escaliers dans les logements ne sont pas adaptés pour les personnes qui vieillissent et les handicapés. De plus il n’y a pas de petits logements sur le quartier surtout pour les personnes qui vieillissent
    • Points d’alerte: 
      • Comment maintenir les personnes âgées sur le quartier ?
      • Les travaux doivent intégrer l’accessibilité, en adaptant les logements et pas forcément en les relogeant ailleurs
  • La mixité sociale:
    • Qu’est-ce que la mixité sociale?
      • Point de cadrage fait par Agnès Deboulet (enseignante-chercheuse) de l’association APPUI: la mixité sociale est un instrument de lutte de la ségrégation dirigé vers les quartiers politique de la ville. C’est une notion très floue, donc dangereuse politiquement: on parle de mixité culturelle, sociale, fonctionnelle, ethnique… Elle a été vécue comme un prétexte pour déplacer certains habitants (dans le cadre de ce qui est appelé la diversification foncière). Dans beaucoup de programmes de rénovation urbaine, la mixité amène à la reconcentration de la pauvreté.
      • La mixité est défendue par tous, quelle que soit l’origine. C’est un enjeu majeur et un moyen, pas un objectif ni une valeur. Les questions à se poser pour définir les conditions de la mixité sont: comment faire de la mixité? Avec quels moyens? Quels critères?
        • Proposition: faire intervenir des spécialistes sur la question de la mixité
      • Pour les urbanistes c’est mélanger propriétaires et locataires, mais cela devient plus de la cohabitation et non pas de la mixité
        • Propositions divergentes: si certains habitants proposent de ne pas mélanger propriétaires et locataires dans la même montée, d’autres souhaitent le contraire pour que les propriétaires soient moteurs
      • Une habitante note que la situation actuelle relève de la discrimination. La question de la concentration de la pauvreté est à lier avec le coût des loyers accessibles: sentiment d’assignation à résidence. Sur ce point il existe un décalage entre Vigny Musset et la Villeneuve. A noter: les quartiers Teisseire, Misral et Villeneuve sont les moins chers. Peut-être peut-on parler d’équilibre
        • Propositions:
          • retravailler les aides au logement et la péréquation entre coûts et loyers
          • lutter contre la ségrégation en général
    • Constat sur la Villeneuve:
      • Opinions divergentes sur l’existence de mixité dans le quartier: si certains habitants déplorent le manque de “mélange”, certains notent qu’iI existe de la mixité en termes d’origines (50 nationalités) et qu’à certains endroits il y a du vivre-ensemble.
      • Sujets importants: il y a un manque de turn-over dans les logements, et des difficultés économiques pour les habitants à accéder à des logements adaptés à leurs besoins (en termes de surfaces par exemple).
      • Beaucoup de personnes âgées partent de la Villeneuve car les logements sont inadaptés. Le maintien à domicile est difficile alors qu’ils souhaitent rester dans le quartier
      • Point d’alerte: les travaux doivent prévoir l’accessibilité des personnes âgées et des handicapés, à la charge des propriétaires
  • Débat sur le devenir du collège:
    • Point de consensus: il faut commencer par faire des écoles soient attractives car elles sont le vrai lieu de la mixité. C’est là que les liens se créent, entre enfants et entre parents
    • Propositions divergentes:
      • Maintenir le collège et accueillir des élèves de différents quartiers, tout en améliorant les écoles de proximité. Faire du collège une “maison” qui fédère les quartiers
      • Faire sortir le collège pour que les jeunes aillent hors du quartier
  • Questions sur l’entretien :
    • L’entretien n’a pas été fait pendant 20 ans. Un habitant travaillant dans le bâtiment et ne comprend pas où passe l’argent quand il voit le montant de la rénovation.
    • Que font les chargés de secteurs sur l’entretien?

Points d’alerte sur des montées:

  • Au 10/20: un représentant d’un collectif du 10/20 a partagé leur situation qui “ne va pas du tout” et demande de prendre rendez-vous avec la Métro pour en parler. Il faut que la situation se débloque avant 2020! Les locataires paient beaucoup de charges et un flou existe dans leur contrôle. Par ailleurs, il n’y a rien qui est fait pour nous aider à devenir propriétaires.
  • Au 100: des propriétaires ont exprimé leur “angoisse” face aux prochains travaux: ils ne peuvent pas vendre et en parallèle la réhabilitation demande un apport financier important

3 commentaires

  1. La seule vraie mixité est celle qui est issue de l’AFFECTATION  » QUANTITATIVE  » DES LOGEMENTS. Ainsi, chaque DOSSIER de demande d’appartement social est composé de CRITERES, quel qu’en soit le nombre, A chaque critère est affectée une importance plus ou grande en POINTS. Chaque dossier dispose ainsi d’un TOTAL de points qui s’accroitront avec le TEMPS D’ATTENTE. Tous les dossiers sont classés en toute TRANSPARENCE selon le total et le 1er APPARTEMENT DISPONIBLE est proposé au 1er DOSSIER DE LA LSTE et ainsi de suite. Chaque refus est pénalisé d’un certains nombre de points. Critères et pondérations, CONNUS DE TOUS, sont préalablement DEFINIS PAR LES ELUS ET BAILLEURS Qu’attendons nous ?

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  2. Remarque faite par Mme Gorius par sur le mail de contact du blog:
    « Je ne peux lire que maintenant les ateliers mais je voudrais juste faire une petite correction sur l’atelier sur l’habitat du Samedi après-midi. Vous notez » CSF: on a beaucoup suivi le 50, 56 appartements ont été remis de plein pied, dans les autres immeubles cela devrait suivre (à la SDH impossible) » Ce n’est pas 56 appartements remis de plein pied mais il y aura 56 % de plein pied au lieu de 47 % actuellement, soit environ 13 appartements mis de plein pied. Et attention la réhab n’est pas faite elle va commencer ! Ce n’est donc pas  » ont été » mais « serons ».
    Merci.
    Je suis étonnée de la quantité de choses relevées dans chaque atelier et n’avait pas l’impression qu’il s’était dit tout ça dans ceux auxquels j’ai participé. »

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